Plat emblématique de la cuisine québécoise, la poutine en dit long sur notre culture culinaire, notre terroir et notre façon de partager les repas en famille, entre amis ou même lors de sorties agrotouristiques. 🍟
D’où vient la poutine?
Le premier trio préféré des Québécois est né dans les cantines rurales du Centre-du-Québec dans les années 1950. Son origine exacte reste disputée, mais les historiens de l’alimentation s’entendent pour dire qu’elle aurait été conçue en diverses étapes : d’abord une frite-fromage en grains qui fait « squick squick », une frite-sauce brune, puis une frite-sauce-fromage. Ce sont Fernand Lachance, au Café idéal – ensuite Le Lutin qui rit – à Warwick, et Jean-Paul Roy, du restaurant Le Roy Jucep à Drummondville, qui sont derrière les premières recettes d’un des plats les plus identitaires de la province.
Longtemps cantonnée aux casse-croûte et aux fromageries régionales, elle s’étend graduellement dans les années 1960 et 1970 dans des villes comme Québec. Puis, elle prend sa place dans le menu de plusieurs restaurants aux quatre coins de la province dans les années 1980-1990.

FUN FACTS
Records : La plus grosse poutine au monde a été réalisée en 2019 à Warwick : 3034 kg de poutine! (source: La Nouvelle Union)
@Fromagerie l’Ancêtre
Bien qu’un certain mystère entoure toujours ses origines, Geneviève Sicotte, autrice du livre, La poutine : Culture et identité d’un pays incertain, ne croit pas que l’origine de la poutine soit la bonne question à nous poser. La professeure retraitée du Département d’études françaises de l’Université Concordia, dont les recherches portent sur les représentations culturelles de l’alimentation, croit du moins que cela ne devrait être la seule réflexion à avoir à propos de ce met iconique. « Ma quête de départ pour écrire mon livre était de comprendre comment ça se fait que la poutine s’est imposée comme un plat emblématique qui nous représente en tant que Québécois », explique-t-elle. Au-delà du plat, elle est devenue un symbole culturel fort et profondément rassembleur. « En quelques décennies, la poutine est passée au premier rang des mets québécois considérés comme typiques, déclassant les classiques ragoûts de pattes, fricassées, gibelottes et autres cipailles, raconte-t-elle dans son livre. Elle s’est imposée, et en quelque sorte inventée, comme un nouveau plat national. »
Elle insiste aussi sur le fait qu’« un aliment ne devient identitaire que s’il est consommé, apprécié et valorisé par les mangeurs » ajoute-t-elle. Et c’est le cas presque unanime de la poutine aux quatre coins de la province.
Nous n’avons qu’à penser au Festival de la poutine de Drummondville qui se tient début août depuis 2008, à la Semaine de la poutine en début février à Montréal depuis 13 ans, ainsi qu’aux interprétations iconiques des chefs comme Martin Picard et sa fameuse poutine au foie gras pour constater qu’elle est bel et bien acclamée dans la belle province. Nous pouvons même l’apercevoir au menu de certaines adresses un peu partout dans le monde, comme Bangkok Poutine, le restaurant de Bruno Blanchet en Thaïlande.
FUN FACTS
Économie : On estime qu’au Québec seulement, il y a plus de 3 000 restaurants qui en servent régulièrement (casse-croûtes, restos, chaînes).

@Casse-Croûte du Roy – Poutine de la mer
Où savourer la poutine au Québec?
Envie de célébrer notre créativité culinaire en mangeant une poutine ? Voici un carnet de bonnes adresses partout au Québec :
- Les Couleurs de la Terre – Mauricie : Située à Yamachiche, Les Couleurs de la Terre est une ferme spécialisée dans la culture et la transformation de pommes de terre. À leur resto-fermier – ouvert de mai à novembre, du jeudi à dimanche -, ils excellent dans la poutine, mais aussi les croustilles et les gnocchis, entre autres. En collaboration avec les producteurs locaux, ils offrent une poutine à saveur saisonnière chaque mois.
- Casse-Croûte du Roy – Capitale-Nationale: Situé à Deschambault-Grondines, le Casse-Croûte du Roy est un projet familial relancé en 2023 par Johanne, son fils et son gendre. Ils se distinguent par des recettes familiales, des frites maison, et l’utilisation de produits régionaux, y compris leur fromage en grains. Leur poutine se trouve parmi les plats mis en valeur et est servie avec ces ingrédients locaux, dans un cadre qui marie tradition et qualité gourmande. Des bières artisanales locales sont aussi au menu.
- La Fromagerie Saint-Guillaume – Centre-du-Québec: Basée dans la municipalité de Saint-Guillaume, la fromagerie fabrique du fromage en grains depuis plus de 75 ans, en plus de cheddars vieillis, et des fromages suisse et halloumi à griller. Si on ne peut pas déguster de poutine sur place, il y a toutefois un centre d’interprétation à propos de l’histoire de la fabrication du fromage et les différentes étapes de transformation du lait jusqu’au produit fini. Parfois, on peut même la production en temps réel à travers la grande fenêtre donnant sur l’usine de fabrication.
- Cassis Monna et Filles – Capitale-Nationale: Envie d’une poutine de luxe? Direction : La Monnaguette, le casse-croûte de Cassis Monna et Filles, à Saint-Pierre-de-l’Ile-d’Orléans. Si l’entreprise familiale de liquoristes est surtout reconnue pour ses produits à base de cassis (crème, sirop, vins, etc.) – on y trouve même une Économusée du liquoriste sur place – leur crèmerie artisanale et restaurant-terrasse mettent en valeur les nombreux produits régionaux. Au menu trône une poutine au canard confit avec une sauce au vin de cassis Le Capricieux.

FUN FACTS
Consommation : Près de 80 % des Québécois disent manger de la poutine au moins une fois par année, et environ 25 % au moins une fois par mois (source : sondages CROP).
Pour découvrir d’autres bonnes adresses où manger de la vraie bonne poutine, consultez le Répertoire de Terroir et Saveurs du Québec.


